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Compte rendu de réunion du jeudi 5 mars 2014, salle communale de Cassaniouze.

Les centrales photovoltaïques dans le Sud Cantal : Marcolès ; Sénezergues

 

La réunion rassemble en tribune quatre organisations :

-la Confédération Paysanne

-le SMSA CR15 syndicat d’agriculteurs.

-l’association ‘Vivre en pays d’Auze’(Jean-Marc Couchinoux ; Henriette Cros)

-l’association de défense de la nature et de l’environnement du Cantal, FDANE (Thomas Darnis )

Présentation géophysique du milieu concerné par l’implantation des centrales photovoltaïques.

Pluviométrie importante de 1m30 à 1m40 annuellement. Cette année est une année record qui approche celle de 1959.

Sur un relief de pénéplaine où les collines sont distribuées sans orientation particulière, le sol est essentiellement composé de granit et de micaschistes ;  en conséquence l’eau y circule très rapidement, il y a peu de filtration et donc pas de réserves, le réseau hydrographique suit des tracés dans tous les sens. Le couvert végétal-type est composé de chênes pédonculés et de chênes sessiles, une peu de bouleaux et de hêtres et des pins sylvestres – introduits et envahisseurs. Les roches se dégradent en sables et en argiles. Les zones humides se rencontrent dans les bas-fonds argileux. De fait l’eau n’y est pas de bonne qualité puisqu’il n’y a pas de filtration naturelle : les eaux des rivières y sont stériles, eaux claires mais sans vie ; il n’y a pas de nappe phréatique en Châtaigneraie.

La fragilité de ce système fait de l’eau potable une préoccupation majeure quand on sait qu’en terre d’élevage, en période d’étiage, 45% de cette eau sert à l’abreuvage du bétail, 25% à l’irrigation, 30% à la consommation humaine.

Comme partout en France il y a perte progressive des surfaces agricoles (76.000 ha par an en France) et disparition des haies.

Les implantations.

– Parcelle de paturage de 10ha à convertir en centrale photovoltaique pour produire 4,8MW à Sénezergues (Leygues)

– Parcelle de paturage de 22ha (déforestée) à convertir en centrale photovoltaique pour produire 12MW à Marcolès

Ces projets sont prévus pour une durée de 20 ans, suivant des baux emphytéotiques

En 2009 les mairies sont interpellées sur l’avis favorable que les conseils municipaux ont donné et les objections sont exprimées dans l’enquête publique.

En février 2012 paraît l’arrêté préfectoral qui donne l’autorisation des installations.

Décembre 2013 voit le début du chantier à Sénezergues

Les sociétés impliquées dans ces implantations (Intersolaire à Sénezergues et Compagnie du Vent à Marcolès) semblent avoir fait des choix opportunistes en jouant sur le manque d’expertise des édiles et sur la faible densité humaine (peu nombreux, peu de poids en cas de protestation).

Les procédures juridiques engagées suivent leur cours alors que les travaux ont commencé.

A Marcolès, la centrale photoélectrique s’installe sur (dans) une forêt. Or, le rôle de la forêt dans le milieu géophysique précédemment décrit est essentiel pour l’approvisionnement en eau potable.

Carte extraite du PAT Ressègue, modifiée pour montrer le site de la centrale photovoltaique de Marcolès en ovale noir et sa situation dans le SAGE Célé, et sa distance par rapport aux deux sites de captage encadrés en vert.

Le rôle de l’écosystème forestier sur la ressource en eau.

Si la forêt primaire a disparu du territoire français, le couvert forestier français progressait jusqu’en 2008 (coupes abusives en sylviculture). La forêt en Cantal est surtout privée. Il n’ y subsiste que deux forêts nationales. C’est le pouvoir dépuratif et filtrant de l’écosystème sylvestre qui est incontournable pour la ressource en eau potable. La forêt, en soi, est un réservoir d’eau dans une région où l’eau n’est pas retenue par la nature des sols.

Or, à Marcolès le défrichement de la forêt et l’implantation de panneaux en son centre rompt cette vocation naturelle, et, dans le même temps se cache aux regards extérieurs par une lisière boisée (preuve, s’il en est, de la conscience des industriels que c’est mal !). C’est depuis la forêt de Marcolès que deux captations approvisionnent les villages circonvoisins dont Calvinet et…. Sénezergues en eau potable !

Celle-ci a toujours été un problème en Châtaigneraie où elle est historiquement de mauvaise qualité. L’Agence Régionale de la Santé a alerté plusieurs fois le préfet sans que la gestion de l’eau (privée ou en régie) s’en trouve modifiée puisque les alternatives en approvisionnement sont inexistantes. L’implantation en forêt de Marcolès ne fait qu’aggraver un problème récurent.

A Sénezergues, les sources qui prennent naissance dans le périmètre de la centrale subissent une dépréciation évidente. Pour des raisons techniques, les photos attestant des effets sur l’environnement ne peuvent malheureusement être montrées.

Les mobilisations.

Les associations sont encouragées par un participant à ne pas baisser la garde et se faire communiquer tous les documents afférents puisque ces implantations ont, à l’évidence, joué sur les lenteurs des procédures. Mais quand ces implantations, tout comme la méthanisation, ont une influence directe sur le prix du foncier et donc sur la vie des habitants, elles créent un problème économique qui s’ajoute à l’impact écologique. Par exemple, le gite rural implanté à proximité directe de l’implantation de Sénezergues se trouve très dévalorisé par la destruction du paysage…rural !

Une participante interroge l’assemblée sur la suite concrète à donner à cette mobilisation.

Suivant les moments, l’assemblée a réuni entre 84 et 93 personnes.

La séance se lève vers 23h00.


Cliquer ici pour lire le Compte Rendu de l’Assemblée Générale 2013

(Calvinet, le 9 août 2013)


Cliquer ici pour lire le Compte Rendu de l’Assemblée Générale 2012

(Mairie de Junhac, le 3 août 2012)


Tract de Vivre en Pays d’Auze sur les centrales photovoltaiques sur terre agricole