Rivières

 

Un aperçu sur la réunion des pêcheurs convoquée par l’AAPPMA d’Aurillac, le mardi 07 mars 2017  au café Sergent de Junhac. L’ ordre du jour en était l’information sur “l’alevinage” (ou empoissonnement) de l’Auze

Lors d’une journée de formation organisée fin 2016 par la FDANE sur le thème de « La Dynamique des Milieux Aquatiques » Mr Christian Sinturel, président de l’ Association Agréée de pêche et de protection du milieu aquatique, AAPPMA, avait souhaité, ainsi que tous les participants à cette formation, une meilleure collaboration entre associations intéressées par les sujets de l’eau et des rivières.

Robert Schilling, pour Vivre en Pays d’Auze,  a ainsi participé à cette réunion à Junhac.

Selon Mr Sinturel  l’AAPPMA reçoit de nombreuses plaintes de la part de pêcheurs de la région de l’Auze qui réclament à cor et à cri des lâchers des truites adultes d’élevage plus fréquents sur tout le cours amont de l’Auze jusqu’à la section du Coustou incluse.

Or, a rappelé Mr Sinturel avec fermeté, ” l’ Auze , je vous le rappelle, est en gestion patrimoniale » Certains demandent 3 ou 4 lâchers, y compris au Coustou, alors que tout lâcher « est une tolérance qui n’entre pas du tout dans la politique de gestion piscicole patrimoniale prônée par la Fédération. »

Le seul et unique garde-pêche de l’AAPPMA du Puy Mary jusqu’au Lot, précise les éléments de diagnostic en leur possession.

Deux pêches électriques ont été effectuées :

  • l’une à la station de pompage sous Junhac. Le résultat est très mauvais, où une seule truite a été attrapée. Cette portion est en très mauvais état biotique ; on en connaît les raisons et elles ont été rapidement énumérées : ensablement du lit de l’Auze, pollutions d’origine agricole, défaillance de l’assainissement de Junhac
  • l’autre au Moulin d’Auze, à la fin du cours de l’Auze, à 1 km de l’embouchure avec le Lot : Les résultats sont très bons à la fois en quantité de poissons et en variété des espèces ; le trésorier précise avec plaisir qu’il a été trouvé au Moulin d’Auze du “Chabot” : petit poisson de 10 cm, indicateur d’une très bonne qualité d’eau.
    Sur ce secteur (Coustou/Gorges du Don) on trouve toutes les tailles de poissons (petits, moyens et grands, à divers stades de croissance, ce qui témoigne que la reproduction naturelle marche bien et qu’il n’y a besoin d’aucune intervention humaine du style empoissonnement, alevinage ou dépose d’œufs.

Devant cet état des lieux, l’AAPPMA décide de traiter

  • le cours supérieur de l’Auze jusqu’à Junhac en “gestion halieutique” : possibilité de lâchers et d’alevinage : ceci n’est qu’une tolérance de l’AAPPMA et cela est laissé à son “bon vouloir” car théoriquement, l’Auze étant une rivière de première catégorie, l’ensemble de son cours devrait être en “gestion patrimoniale”
  • le cours inférieur de l’Auze à partir du Coustou et jusqu’à l’embouchure du Lot en “gestion patrimoniale”, c’est-à-dire en fonctionnement naturel : la gestion piscicole se fait naturellement à partir du patrimoine propre de la rivière et sans ajouts ni intervention humaine.

Certains pêcheurs contestent cette décision pour les raisons suivantes : plus de lâchers de truites d’élevage, “cela fait vendre des permis, cela encourage les jeunes en particulier à prendre leur permis, ça offre une pêche facile et pour ainsi dire garantie, etc.”

Ces propos  provoquent diverses réactions :

  • Pêcheur N°1 : “Moi, si vous lâchez de truites d’élevage, je n’irai plus à la pêche ! C’est pas des poissons !”
  • Pêcheur N°2 : “Moi quand je vais à la pêche, surtout du côté du Coustou, même si je prends rien, je suis content de la balade dans un joli coin ; cependant je peux comprendre que ça amuse certains de prendre des truites d’élevage.”

Dans l’ensemble les positions et la politique de l’AAPPMA sont bien comprises et approuvées.

Mr SINTUREL conclut la réunion en réaffirmant la politique de la Fédération et de l’AAPPMA : les temps ont changé : sur les rivières de première catégorie on ne fait plus d’ajouts et on laisse se faire la régénération naturelle des populations de poisson à partir du patrimoine spécifique de la rivière. Partout cela donne d’excellents résultats, comme en témoigne la JORDANNE qui depuis plusieurs années est en régénération naturelle et patrimoniale : il en résulte un excellent état des populations de poissons malgré des étiages sévères, à tel point qu’on se demande où se cachent tous ces poissons ! Les pêcheurs sont nombreux et très satisfaits !

Avec une certaine tolérance et par preuve de bonne volonté Il est donc décidé de procéder à l’empoissonnement suivant le vendredi 10 mars au matin, veille de l’ouverture :

– 30 kg à Las Planques

– 20 kg à Pressoires

– 10 kg à la Station de pompage de Junhac

RS le 14/03/17

 

AAPPMA

http://www.federationpeche.fr/

Une association agréée de pêche et de protection des milieux aquatiques ou AAPPMA est une association française de statut particulier. Elle a pour vocation notamment :

Les 4 167 AAPPMA du territoire français regroupent environ 2 millions de pêcheurs. Elles sont réunies au sein de 93 Fédérations Départementales elles-mêmes regroupées en 7 Unions Régionales (correspondant aux grands bassins hydrographiques français), et regroupées par la Fédération Nationale de la Pêche en France (créée en janvier 1947).

Chaque AAPPMA relève, pour assumer ses fonctions :

Fédération Nationale de la pêche en france

La Fédération Nationale de la pêche en France et de la Protection des milieux aquatiques (FNPF) est l’institution de représentation de la pêche en eau douce et de la protection du milieu aquatique français. Elle a été créée par la Loi sur l’Eau et les milieux aquatiques du 30 décembre 2006 qui lui reconnaît le caractère d’utilité publique. Sa constitution officielle a eu lieu le 5 février 2007. Elle succède ainsi à l’Union Nationale pour la pêche en France et la protection du milieu aquatique fondée en 1947. 
Association Agréée de Protection de l’Environnement par arrêté ministériel du 7 février 2013.

En prenant une carte de pêche, chaque pêcheur adhère automatiquement à une Association Agréée pour la Pêche et la Protection du Milieu Aquatique (AAPPMA) et acquitte par la même occasion la Cotisation Pêche et Milieu Aquatique (CPMA).

Elles détiennent et gèrent les droits de pêche qu’elles acquièrent, négocient, reçoivent ou louent sur les domaines publics ou privés ;

Elles participent à la protection des milieux aquatiques, du patrimoine piscicole, luttent contre le braconnage, la pollution et la destruction des zones essentielles à la vie du poisson ;

Elles effectuent des opérations de mise en valeur du domaine piscicole ;

Elles favorisent l’information et réalisent des actions d’éducation du public aux milieux aquatiques. Elles sont fédérées par département, essentiellement en vue d’assurer des fonctions de représentation associative, de coordination ou d’appui technique.

Elles contribuent au maintien du lien social et intergénérationnel via des animations territorialisées permettant aux communes de renforcer leur rayonnement départemental et extra départemental.

 Le Plan Départemental pour la Protection des milieux aquatiques et la Gestion des ressources piscicoles (PDPG)

Le Plan Départemental pour la Protection des milieux aquatiques et la Gestion des ressources piscicoles (PDPG) est le document de référence des structures associatives de la pêche de loisir depuis les années 90 en termes de protection des milieux aquatiques et de gestion des ressources piscicoles.

Cet outil aura non seulement influencé les autres documents de gestion et de planification que sont les SDAGE et les SAGE mais également les pratiques internes du réseau associatif pêche de loisir.
Les documents de planification ont connu une véritable révolution avec la loi sur l’eau et les milieux aquatiques de 2006 et les lois grenelle, qui ont introduit des notions et des concepts nouveaux.

Par ailleurs, fortes de leurs expériences passées, les Fédérations de pêche ont largement affiné et amélioré leurs techniques et interventions sur les milieux.
Autant de nouveautés qui ont nécessité la rénovation du PDPG aux fins de l’actualiser et d’intégrer l’exigence liée à la concertation locale.

Depuis la Loi Pêche de 1984, la gouvernance écologique, la réglementation ainsi que les acteurs et structures impliqués dans le domaine de l’eau ont fortement évolué.

On se contentera de citer la Directive Cadre sur l’Eau de 2000 ainsi que ses textes de transposition en France, en particulier la loi du 21 avril 2004 et la Loi sur l’Eau et les Milieux Aquatiques du 30 décembre 2006 (LEMA).

Les PDPG ont ainsi vocation à servir de référence sur la gestion piscicole et des milieux aquatiques et venir appuyer sur ces thèmes les SDAGE, SAGE et autres documents structurant sur ces thèmes.

Ces textes ont largement impulsé un paradigme nouveau pour la biodiversité aquatique, le poisson devenant un témoin phare de l’état quantitatif et qualitatif des cours d’eau dans la perspective du bon état et du bon potentiel exigés par les textes européens. Ces textes complétés et affinés, tant par les lois « Grenelle » que par les déclinaisons sectorielles ou locales (SDAGE, plans nationaux notamment sur la continuité écologique, différentes stratégies sectorielles en particulier sur la biodiversité) ont renforcé la nécessaire protection des milieux aquatiques et du patrimoine piscicole commun.

Principes généraux de la gestion piscicole

La gestion piscicole est une obligation réglementaire qui s’applique à tous les détenteurs de droits de pêche. Au-delà de cette obligation réglementaire, il s’agit d’une volonté des pêcheurs et des SAAPL qui les représentent de trouver une adéquation entre les capaci- tés du milieu à produire naturellement des poissons et la satisfaction de l’activité de pêche de loisir, dans le respect des espèces présentes et des milieux.

Les pêcheurs peuvent exercer une pression plus ou moins forte sur les populations piscicoles. Ils sont aussi des défenseurs des milieux aquatiques, par la fréquentation, la gestion, la restauration, la surveillance et l’entretien des milieux. La satisfaction de la demande des pêcheurs est donc essentielle afin de conserver à long terme une activité de loisir « durable », source de développement socio-économique des territoires, ainsi qu’un engagement associatif et des moyens d’interventions importants pour la protection et la restauration des milieux aquatiques.

En règle générale, la demande des pêcheurs est satisfaite par un milieu naturel fonctionnel ; A défaut, des outils de régulation existent (tailles légales de capture, quotas, périodes d’ouverture et fermeture.). A l’inverse, la demande des pêcheurs ne sera pas satisfaite dans un milieu non fonctionnel. L’équilibre entre qualité du peuplement pisci- cole et demande des pêcheurs peut être atteint par la restauration du milieu, des opéra- tions directes sur les peuplements piscicoles ou la gestion de l’activité halieutique.

Les opérations de ré-empoissonnement ont parfois montré leurs limites et leurs contraintes dans des conditions qui sont maintenant connues (non atteinte des objectifs sur les peuplements de poissons, risque de compétition trophique, risques sanitaires, risques génétiques, …). Il convient cependant de noter que, sur l’aspect des risques génétiques, les conclusions de plusieurs études viennent nuancer ce constat (pro- gramme national GENESALM5 par exemple). Les opérations de ré-empoissonnement peuvent avoir un effet positif suivant l’état des populations en place, en permettant de reporter la pression halieutique sur des populations introduites plutôt que sur les populations naturelles, ou en permettant la redynamisation, voire la sauvegarde d’un peuple- ment affecté par une ou des perturbation(s) importante(s) (poissons migrateurs par exemple).

Le Plan Départemental pour la Protection du milieu aquatique et la Gestion des ressources piscicoles (P.D.P.G.) est un document technique général de diagnostic de l’état des cours d’eau, avec pour conclusions des Propositions d’Actions Nécessaires (P.A.N.) et des propositions de gestion piscicole.

Il a été établi en 1998 par la Fédération de Pêche, avec le concours de la brigade départementale de l’ONEMA (ancien Conseil Supérieur de la Pêche) et son aide financière à hauteur de 50%.

Son objectif : La gestion patrimoniale

La gestion patrimoniale a pour but de laisser le milieu aquatique fonctionner naturellement. La gestion piscicole se limite alors à de la surveillance et à de la préservation des populations sauvages.

LA GESTION PATRIMONIALE

C’est l’ensemble des actions à entreprendre, y compris celle qui consiste à ne rien faire, sur les peuplements de poissons. Elle œuvre pour la préservation de leur patrimoine génétique. Il s’agit de conserver et de transmettre un patrimoine naturel.

Pour cela, l’état fonctionnel du milieu qui accueille le poisson doit être de qualité afin qu’il trouve les conditions de réalisation de l’ensemble de son cycle biologique (éclosion, croissance, reproduction).

Ce type de gestion s’intègre donc dans la gestion durable des milieux : c’est un objectif fort de l’Etat, qui est de préserver les espèces dans leurs milieux. Plus précisément, il vise à conserver un équilibre entre milieu et espèces. Cet équilibre est différent de l’équilibre originel, car il tient compte de l’anthropisation, de l’exploitation  etc., mais il vise à garantir la sauvegarde des espèces sensibles au sein de leur peuplement de référence.

Le génotype des truites autochtones est issu de milliers d’années de sélection naturelle, ce qui crée des individus parfaitement adaptés à leur milieu. Il permet une adaptation optimale de l’espèce à un milieu donné.

Gérer de manière patrimoniale, c’est faire en sorte que les peuplements de poissons soient conformes à ce que l’on peut attendre du milieu naturel en bon état. La structure et la pérennité des peuplements naturels doivent être préservées.

Dans ce mode de gestion, la demande de pêche est gérée en fonction de la ressource : le prélèvement par pêche doit être inférieur aux capacités de reproduction, afin de préserver le renouvellement naturel du stock. Les contraintes de développement de la pêche de loisir ne doivent pas être une cause de perturbation (les repeuplements par exemple).

Sur les contextes en gestion patrimoniale, il est primordial de ne pas mettre en contact les populations présentes avec des populations extérieures, et ce quel que soit le stade : oeuf, alevin nourri, alevin à résorption, truitelle, truites surdensitaires (fario ou arc-en-ciel).

http://peche26.pagesperso-orange.fr/Gestionpiscicole.pdf

https://www.pechemonedieres.fr/la-protection-des-milieux-aquatiques/notre-gestion-piscicole/gestion-patrimoniale/

L’AAPPMA LAURÉATE du PRIX CHARLES RITZ 2016

www.pechemonedieres.fr/laur%C3%A9at-du-prix-charles-ritz-2016

Le Prix Charles Ritz salue une initiative concrète de préservation de l’environnement, qui développe la capacité d’accueil des cours d’eau et encourage le travail sur le terrain d’un candidat méritant, récompensant ainsi ses efforts, ses valeurs et l’intérêt du projet réalisé. Il favorise une gestion centrée sur le rétablissement des populations de poissons sauvages en équilibre avec leur milieu, et récompense les acteurs responsables qui prennent en charge l’amélioration de l’habitat des rivières dans leur contexte local.

Nous avons le plaisir et l’honneur de vous informer que ce prix international nous a été attribué pour 2016 !

Nous succédons ainsi à d’illustres acteurs des rivières et notamment à l’association SOS Loue et Rivières Comtoises, récompensée en 2015.

Le trophée ainsi qu’une dotation de 3000 € nous ont été remis lors d’une réception au Travellers’ Club aux Champs Elysées à Paris le 9 Novembre dernier.

 La gestion patrimoniale ou la préservation de notre souche Corrézienne

https://www.pechemonedieres.fr/la-protection-des-milieux-aquatiques/notre-gestion-piscicole/gestion-patrimoniale/

Définition de la gestion patrimoniale de la truite   : 

La gestion patrimoniale de la truite consiste simplement à ne pas introduire de poissons sur le bassin versant en privilégiant la réhabilitation du milieu aquatique pour restaurer une population de truite.

Bien évidemment, certains milieux préservés n’ont pas forcément besoin d’une réhabilitation et la gestion patrimoniale consiste simplement à … ne rien faire !

Notons ici que ce type de gestion n’est possible que dans le cadre d’un bassin versant offrant toutes les caractéristiques nécessaire à la survie et au développement de la truite : frayères, caches pour les alevins, les adultes, températures fraîches, oxygène etc.

Les principes de base de notre démarche

(Source : http://aappmarupt.free.fr)

Notre première démarche a été de faire le bilan historique des pratiques de gestion halieutique de la truite depuis 70 ans. Au fur et à mesure de l’avancement des connaissances en hydrobiologie, qui tout comme la météorologie est l’une des sciences les plus jeunes du monde moderne, les scientifiques, notamment Richard Vibert, chef de service à l’lNRA sur la période 1930-1970, ont préconisé aux sociétés de pêche des modes de gestion plus variés les uns que les autres : déversements d’adultes de pisciculture, alevinages en truitelles, d’été, d’automne, pose de boîte vibert, caissons frayères, capture de géniteurs sauvages et reproduction en pisciculture, transfert de population jusqu’à la petite dernière, l’Alevibox, système breveté dans les années 2000…

Toutes ces techniques ont été légitimement tentées par tous les bénévoles qui se sont succédés à la tête de notre société de pêche. Nos archives montrent des déversements massifs en alevins depuis l’après guerre (certains même avant la première guerre sur l’AAPPMA voisine de Tulle !).

Ainsi tous les bénévoles, pêcheurs, depuis 70 ans (depuis deux siècles ?), se posent les mêmes questions (il suffit de se pencher sur les comptes rendus  d’assemblée générale de nos glorieux ancêtres pour s’en convaincre !) : comment enrayer la baisse du nombre de truites ? Et si on les mettait avant l’été ? Non, plutôt avant l’hiver elles seraient habituées au ruisseau ? Pourquoi ne pas prélever des géniteurs et les faire reproduire, on préserverait la souche ? Mais est ce que ça marche, que deviennent-elles ?

Quel bilan des pratiques d’alevinage ?

© Paul Starosta

ATTENTION ! Ce bilan des pratiques ne vaut que pour des milieux relativement peu dégradé, où une population de truite peut vivre. Dans le cas de milieux vierges (pollution brusque, assèchement) certaines pratiques d’alevinages peuvent fonctionner…

Et bien l’état des connaissances actuelles montre (de nombreuses études ont été produites dans le département et ailleurs) que :

Souvent les pratiques ne sont pas bonnes. Prenons un exemple : les alevins à vésicule résorbée sont déversés durant l’après-midi alors que naturellement, l’émergence a lieu la nuit pour diminuer la prédation. Les taux de mortalité sont alors très importants.

C’est le passage en pisciculture qui modifie le comportement du poisson, même s’il est d’origine sauvage. En effet,chaque pisciculture ou aquariophile vous le dira, un poisson, comme n’importe quel animal s’éduque et il est très facile de modifier son comportement. Dans les années 70, des captures de géniteurs sauvages étaient réalisées sur le département de la Corrèze pour garder “la souche”. Sans succès. Ainsi globalement, une truite élevée est plus capturable qu’une truite sauvage, ce qui explique d’ailleurs que l’on trouve peu de “pollution génétique” des truites de pisciculture dans les populations de truite sauvage.

Les alevinages ont une réussite limitée dans le temps : pour les adultes, la question ne se pose pas, de deux à trois jours pour un déversement d’adultes capturables. Pour les autres techniques, les pertes sont énormes (la proportion d’individus introduits dans la population diminue avec le temps pour être quasiment nulle dans la population adulte) et le coût de revient de production d’une truite capturable est très élevé. 1000 alevins coûtent en moyenne 100 à 150 €…

L’apport en individus dans le stock est très faible. Si l’ont réfléchi à l’échelle d’un bassin versant, une AAPPMA n’a pas les moyens de traiter tous les ruisseaux (en termes d’argent, mais aussi en termes de bénévoles…). Ainsi on peut se demander quel est l’impact du déversement de 10 000 alevins à vésicule résorbée.

Par exemple sur la Vienne sur le bassin versant en Corrèze (bassin assez préservé, sans trop de perturbations sur le plateau de Millevaches) une étude de 2008, montre que le stock de truite est de l’ordre de plus de 230 000 individus (tous âges compris)! L’impact d’un alevinage serait ainsi bien limité et peu significatif sur le stock, d’autant plus qu’il faut 1000 alevins à vésicule pour obtenir, au mieux, 1 à 3 truites adultes matures !

Donc même en partant du principe que nous aurions une souche de poisson “autochtone”, que nous ayons assez de bénévoles pour aller les introduire, que nous les formions pour réaliser correctement cette introduction et bien, il nous faudrait une quantité extraordinaire d’œufs, d’alevins ou d’adultes pour avoir un effet significatif sur le stock ! Or nous vous rappelons que notre AAPPMA  a seulement 1500 € de budget, soit en équivalent alevins, environ 10 à 15 000 alevins à vésicule résorbée ou 700 kg de truites adultes…

En prenant en considération tous ces éléments, notre AAPPMA, sur le secteur Saint-Yrieix le Déjalat au début des années 2000, puis sur le secteur de Corrèze à la fin de la décennie, a décidé de stopper toutes les opérations d’alevinage à tous stades. Ainsi, les truites présentes actuellement sur le bassin versant sont 100 % sauvages.

D’où notre nouveau  leitmotiv : Gestion patrimoniale – 0% Alevinage / 100 % sauvage.

Quels résultats ?

Alevins de truite de la Corrèze en 2012

Pour quels résultats me direz-vous ? Et bien, notre souhait d’agir sur le milieu plutôt que sur la population est un choix fort. Déjà l’arrêt des repeuplements depuis 10 ans nous montre que la population est viable, y compris sur des toutes petites têtes de bassin versant isolées.

La reproduction naturelle a lieu. Le stock de truite n’a pas disparu.

Tout n’est pas rose pour autant, il existe des problèmes et le fait de ne pas aleviner, ne les résout pas, mais au moins, nous savons que la population sauvage résiste très bien sans notre aide ! Ceci a d’ailleurs été très bien démontré sur le bassin versant du Vianon près de Neuvic ou l’arrêt de l’alevinage a fait l’objet d’une étude scientifique de plusieurs années qui montre que cet arrêt n’a eu aucun impact sur le stock de truite. C’est même l’hydrologie naturelle (crues au moment de l’émergence, la période la plus sensible) qui est le principal facteur de variation de la population.

Ceci est très bien résumé par ce scientifique, M. PARÂTRE, dont le nom n’est malheureusement pas passé à la postérité, mais qui écrivait dans un ouvrage de 1894 : Faut-il s’étonner d’un insuccès à peu près général ? Assurément non. La réussite dans de pareilles circonstances eut été beaucoup plus surprenante. Pour repeupler les eaux, la première chose était de les rendre habitables pour le poisson, c’était veiller à ce que celui-ci trouvât les conditions nécessaires à son existence, et c’est, nous devons le reconnaître, ce à quoi on a le moins songé jusqu’à présent chez nous “.

En conclusion, restaurons l’habitat piscicole de nos ruisseaux et nous aurons de bonnes populations naturelles et se débrouillant très bien toutes seules !

PRODUITS PHYTOSANITAIRES

 
La préfecture de l’Aveyron communique un rappel sur les précautions essentielles à prendre dans leur application, telles qu’elles sont prescrites par la loi.

 

UN BON DEPART POUR L’EAU ET LES COURS D’EAU 

DU BASSIN DE L’AUZE EN CHATAIGNERAIE

 

Organisée par la jeune association “VIVRE EN PAYS D’AUZE”, la première Rencontre “Eaux et rivière d’AUZE” s’est tenue à Cassaniouze le Vendredi 13 Avril 2012.

La participation à cette rencontre a été nombreuse et très active, plus de trente personnes se sont rendues à la salle communale de Cassaniouze pour témoigner de leur intérêt pour les questions relatives à  l’eau et aux cours d’eau.

La rencontre s’est déroulée en 2 temps :

La parole a tout d’abord été donnée aux participants afin que chacun puisse exprimer les questions et les thèmes qui l’intéressent concernant l’eau sous toutes ses formes dans notre Pays d’Auze.

Les personnes présentes ont fait part de leur très nombreuses questions, interrogations, craintes, espoirs, envies et propositions qui ont été listées et regroupées selon les thèmes suivants :

♦    La connaissance hydrographique des cours d’eau du Bassin de l’Auze , établir la cartographie de la rivière

♦    Quels sont les prélèvements directs qui sont fait dans les cours d’eau du Bassin de l’Auze, pompages, prélèvements, transferts d’eau….

♦    Quelle est la législation sur l’eau ? sur son utilisation , sur sa gestion
Que sont les droits d’eau ?

♦    L’eau comme élément fondamental de tous les écosystèmes naturels
L’eau et la rivière comme milieux naturels, leur fonctionnement
Richesse et préservation des espèces vivantes, de la biodiversité  des milieux humides…..
Participation à un inventaire et au suivi des amphibiens et de la faune aquatique

♦    L’eau potable , sa qualité , son prix
Qui consomme ? qui gère ? l’eau potable

♦    Pollution de l’eau , diverses nuisances et problèmes de qualité
Écoulements accélérés par divers aménagements
Ensablement des rivières et ruisseaux
Pollutions chimique, phyto sanitaire, herbicide, azote,……
Rôle de certaines pratiques agricoles
Aspect de l’eau, limpidité, formation d’amas d’écume blanchâtre (Auze et Lot)

♦    Assainissement, quels traitements pour quels effluents ?
Assainissement individuel, assainissement collectif

♦    La pêche , l’état halieutique des cours d’eau
Résultats des gestions piscicoles passées, quelle politique et quelles actions futures ?

♦    La gestion administrative de l’Eau : quels sont les organismes et instances en charge de l’eau et des rivières ?
Entente Vallée du Lot, Agence de l’eau Adour Garonne
Un Contrat de Rivière pour l’Auze ? est-ce possible ? souhaitable ?

Dans un deuxième temps la soirée s’est poursuivie par l’intervention de Mr Guillaume PONSONNAILLE, Directeur du Syndicat Interdépartemental de Gestion de l’Alagnon et de ses affluents (SIGAL) dont le siège est à Massiac.

Mr Ponsonnaille a tout d’abord fait le constat que les différents points et questions soulevés par l’auditoire dans la première partie de la soirée, constituaient en fait, la trame de sa propre présentation des actions du SIGAL Alagnon.

Ceci n’est pas un hasard, les problèmes rencontrés dans l’Est du Cantal pour l’eau et les rivières sont souvent de même nature que ceux rencontrés à l’Ouest.

Cependant la différence essentielle tient à ce que sur le bassin de l’Alagnon, les communes et les élus ont décidé de prendre ces questions d’eau à bras le corps en faisant tout d’abord procéder à un état des lieux et à des diagnostics très précis puis en créant sur plusieurs années un Contrat de Rivière, un Sage puis un Syndicat pour démarrer un programme très ambitieux de reconquête de la qualité des eaux et de préservation des milieux humides.

Au lieu de cela, le bassin hydrographique de l’Auze de la Châtaigneraie,  n’est attaché à aucun système de gestion et de suivi de la qualité des eaux et par conséquent il peut s’y pratiquer des actions sur les milieux aquatiques et des atteintes aux ressources en eau sans qu’il y ait un contrôle particulier , ce qui nous l’avons vu, pose un certain nombre de questions.

Ainsi Mr Ponsonnaille , tout au long de sa présentation fort appréciée du public , a-t-il pu tout à la fois présenter l’historique et les actions du SIGAL Alagnon et aussi donner des éléments de réponse aux questions posées par les participants dans la première partie de la soirée.

A titre d’exemple , le SIGAL Alagnon a ainsi :

  • Participé au plan d’assainissement et à la restructuration totale de la station d’épuration de Murat
  • Identifié les causes d’ensablement d’un affluent de l’Alagnon , à savoir : la multiplication des labours , les drainages (qui d’ailleurs ne devraient plus avoir cours), l’ouverture de pistes forestières et chemins d’exploitation
  • Soutenu les associations de pêche du bassin de l’Alagnon dans leur décision de stopper tout alevinage et déversement de poissons d’élevage dans l’Alagnon pour se concentrer sur la restauration d’une qualité biologique de la rivière qui tout à fait naturellement favorisera la réapparition des espèces autochtones des poissons (truites et autres) en quantité et en qualité bien supérieures
  • Initié et soutenu des projets d’éducation à l’environnement dans les écoles

Signalons qu’au cours de la discussion qui a clôt cette soirée, Mme Marie-Pierre MOLENAT, gérante de l’usine hydroélectrique du Castel d’Auze, qui participait à cette rencontre à titre privé, a bien voulu nous présenter la démarche environnementale pérenne dans laquelle elle a engagé sa société afin de produire une énergie renouvelable en  réduisant au strict minimum les nuisances d’exploitation et en respectant scrupuleusement la réglementation environnementale.

En conclusion, nous rappellerons l’article 1ier de la Loi sur l’Eau :

“L’eau fait partie du patrimoine commun de la nation. Sa protection, sa mise en valeur et  le développement de la ressource utilisable, dans le respect des équilibres naturels, sont d’intérêt général”

C’est bien l’intérêt général qui est poursuivi par l’association “VIVRE EN PAYS D’AUZE” et dans ce but il sera créé dans les semaines à venir des groupes de travail pour faire suite à cette rencontre du 13 avril avec pour thèmes les principaux points soulevés par les participants : Assainissement, Eau potable, Connaissance de la rivière, …….. Participez, inscrivez-vous !

A bientôt.

Bien sûr tout le monde peut contribuer à ces actions, il vous suffit de contacter l’association via son site : www.vivreenpaysdauze.com

Ou bien nous écrire par mail à : vivre.en.pays.d.auze@gmail.com

ou nous contacter par téléphone au : 04 71 49 94 19    ou au :   04 71 48 12 99

Photos ci-dessous : Mr Guillaume PONSONNAILLE lors de sa présentation


Création d’une commission « Eaux, rivières , pêche »

 Les uns et les autres, nous sommes tous plus ou moins amoureux de la rivière d’Auze en tant que pêcheurs, baigneurs, promeneurs. Tant de souvenirs et de bons moments se rattachent à cette rivière et à cette vallée.

Mais que savons-nous réellement de la qualité des eaux, des pollutions occasionnelles ou chroniques qu’on peut y observer ; et les truites, les fameuses truites de l’Auze ! qui sont-elles ? d’élevage ou sauvages ? On se posera les mêmes questions sur les écrevisses, sans compter tous les autres habitants de la rivière et de ses berges, les libellules, batraciens, couleuvres, loutre et autre membre de cette abondante population.

Et en amont de cette rivière, toutes les sources et petits ruisseaux, dans quel état sont-ils ? Quelle est la qualité de l’eau potable distribuée sur notre territoire ?

Voila, c’est un peu à la connaissance de tous ces milieux aquatiques, à leur préservation et à leur gestion que va s’intéresser cette commission.

Nous allons contacter tous les pêcheurs et toutes les personnes qui nous ont dit vouloir s’intéresser et prendre part à la vie de cette rivière, notre patrimoine commun.

Une rivière dans un territoire, c’est un peu la solidarité obligée : l’aval dépend de l’amont et vice versa.

Rencontres avec les sociétés de pêche, les organismes d’assainissements, de distribution d’eau potable, avec des naturalistes, des scientifiques et aussi des sorties pique-nique au bord de l’eau,  les activités ne manqueront pas. A suivre…

l’eau, c’est la vie !

soyons nombreux

Contact et coordination : Robert SCHILLING Tel 04 71 48 12 99 et 04 71 49 94 19   Email :robert.schilling@laposte.net


Dans la Presse:

 Quelles truites dans l’Auze ?

on peut se poser la question , à la lecture du bulletin municipal de Bagnac sur Célé :

EXTRAIT DU BULLETIN MUNICIPAL DE BAGNAC SUR CELE N°17 Jan 2011

ASSOCIATION DE PÊCHE BAGNACOISE

Etude sur la génétique des truites,

 Menée par Serge GINES-RUEDA Président de la Société Bagnacoise avec le concours du Syndicat Rance/Célé et la Fédération de Pêche du Lot dont les résultats seront connus en 2011 après un second prélèvement, cette étude est devenue une nécessité pour le monde de la pêche.

Dans la nature il y a truites fario et truites fario !! Atlantique/Méditerranéenne, dans la nature les deux souches ne se côtoient pas. En élevage, il y a mélange, forcément.

C’est la truite atlantique qui est apte à l’élevage. On sélectionne les sujets les plus adaptés aux conditions de vie dans une pisciculture. Le caractère naturel du poisson est perdu (croisement/sélection).

Les poissons déversés sont toujours de qualité inférieure à ceux natifs de la rivière et provoque ce que l’on peut appeler une « pollution génétique » car les poissons déversés peuvent s’hybrider avec les truites autochtones qui, elles, sont d’une qualité inestimable puisque impossible à élever en pisciculture et mieux adaptés au conditions du milieu.

Les objectifs de cette étude sont de Repérer et identifier les populations natives restantes, déterminer les impacts des déversements (passés ou actuels) et les taux d’hybridation. définir des pistes de gestion adaptées et en particulier se poser la question de l’intérêt des alevinages et disposer de données permettant la promotion d’une pêche de qualité sur la commune.

L’analyse génétique a été accomplie par la méthode des microsatellites sur un morceau de nageoire caudale. Les truites ainsi échantillonnés ont pu être relâchées sans dommage dans le milieu naturel après le prélèvement.

La commission « Eaux, Rivières et pêche » de vivre en pays d’Auze devrait poser la question aux sociétés de pêche locale.

à suivre …


Pollution : prises sur l’Auze à hauteur du Coustou le 07/11/2011 à 15h41 ; ce genre de pollution est assez fréquent ; toute personne pouvant expliquer (de manière documentée) à quoi sont dûs ces amas de mousse et dire ce qui donne la coloration brune à la surface de l’amas sera la bienvenue.